La promo 2016 fait sa rentrée !

20 septembre 2015
La promo 2016 a fait sa rentrée le 1er septembre 2015 !

Pédagogie et Concours, réconciliables ?

30 juin 14

Philippe Mérigot est enseignant-chercheur en marketing à l’Université Paris Dauphine. Il s’est occupé d’encadrer et d’aider les étudiants lors de leurs participations au concours L’Oréal Brandstorm et au Cas d’Ecole Ford.

 

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En tant qu’enseignant, quel intérêt voyez-vous aux concours organisés par les entreprises ?

Ce sont de très intéressants complètements à la pédagogie habituelle. C’est vraiment plus qu’un cas comme ceux que l’on fait en cours. Il y a plus de données que celles qu’on trouve généralement dans un cas pédagogique, et souvent se sont des données réelles et actualisées. Le travail demandé est plus conséquent, il demande beaucoup plus d’investissement.

A Dauphine les concours sont tellement valorisés qu’ils peuvent se substituer au projet de M1, si le travail rendu est sérieux.

 

Que peuvent en retirer les étudiants ?

C’est à mon sens une expérience unique dans leur parcours académique. Ils ont l’opportunité de travailler sur un cas réel avec des professionnels, qui les aident et les évaluent. Ca les change de ce qu’ils font habituellement, et ils peuvent beaucoup apprendre. Souvent mes anciens élèves me disent que ce qu’ils ont le mieux retenu, c’est ce qu’ils ont appris en travaillant sur les concours.

 

Et les entreprises ?

Pour elles c’est un excellent outil de communication, qui leur permet de garder un lien étroit avec les universités et les écoles. Elles peuvent ainsi montrer qu’elles se préoccupent des nouveaux talents qui peuvent arriver sur le marché de l’emploi.

Et surtout, c’est une excellente manière d’évaluer un étudiant, beaucoup mieux qu’un entretien d’embauche, puisque c’est une situation quasi-réelle : les participants sont dans la peau d’un chef de produit, et travaillent en équipe, comme ils le feront dans la vie professionnelle.

 

Est-ce beaucoup de travail en plus pour un étudiant ?

C’est LA question qui intéresse le plus les étudiants, ça ! En fait ce n’est pas évident à calculer.

C’est surtout que le calendrier des concours est souvent décalé par rapport au calendrier de l’université, du coup il peut arriver que plusieurs échéances se télescopent. Mais quand le concours remplace le projet de M1, ceux qui ont participé sont tranquilles avant tout le monde, quand il faut se dépêcher de finir le projet...

Mais il ne faut pas se voiler la face : la participation à un concours demande un gros investissement personnel, qui peut amener des déceptions au vu des résultats, mais reste quand même une expérience humaine exceptionnelle. J’ai l’habitude de dire qu’à la fin des concours, les étudiants vivent ensemble...

 

Comment ça ?

Ce sont les étudiants qui m’ont raconté. Le bouclage demande de fournir un gros effort sur les derniers jours, il faut que les membres d’un groupe passent beaucoup de temps ensemble, alors souvent ils s’installent chez l’un d’entre eux, comme dans un camp de base.

Ce sont donc généralement des gens qui se connaissent et s’apprécient à la base, mais ça aide à souder les amitiés et à approfondir des relations. C’est très fort, ce qui se passe dans un groupe. En tant qu’enseignant, on en profite aussi un peu : ceux que nous encadrons pour les concours sont ceux que nous connaissons le mieux, avec lesquels il y a le plus d’affinités.

C’est aussi pour ça que nous consacrons du temps aux concours. C’est cette dimension humaine qui me semble la plus forte...Pour tout le monde !